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 Carte Viking

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Mélie
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MessageSujet: Carte Viking   Mer 12 Mar - 22:18

Est-il possible que l'île de Terre-Neuve figure sur une carte de 1440, alors que Christophe Colomb ne découvrira l'Amérique que cinquante ans plus tard ? Le document est-il l'oeuvre d'un faussaire ou un témoignage inestimable ?

Cette question alimente une polémique qui se poursuit depuis l'apparition, voilà près de soixante ans, d'une carte que l'on suppose dressée en Suisse vers 1440, où figure Terre-Neuve (la grande île canadienne), baptisée Vinland. Soupçonnée d'être un faux, cette carte a été réhabilitée par une série d'examens physiques et chimiques.La carte est conservée à l'université Yale (New Haven, Connecticut).
L'explication la plus vraisemblable, c'est que les informations qui ont permis l'établissement de cette  «carte du Vinland»  ont été transmises par les Vikings ­ ce terme, d'origine inconnue, désigne les conquérants scandinaves du VIIIe au XIe siècle. Ils colonisèrent le Groenland et l'Islande, soumirent les îles britanniques, pillèrent les côtes de France, chassèrent de Normandie les suzerains francs, écrasèrent les Slaves, prirent Kiev, enfin assiégèrent Constantinople, capitale de l'Empire byzantin.
A bord de leurs knorr, navires au long cours à rames et à voiles, les Vikings sillonnèrent l'Atlantique nord. En 996, ils atteignirent l'Amérique du Nord, où ils se heurtèrent aux autochtones ­ qu'on appellera plus tard les Indiens. Marins hors pair, ils n'utilisaient pas la boussole, mais s'orientaient sur le Soleil et sur l'Etoile polaire.
L'histoire de la carte du Vinland commence dans les années 50. Un Italien, Enzo Ferrajoli de Ry, qui parcourt l'Europe à la recherche de vieux manuscrits, en a laissé un lot en dépôt chez le libraire genevois Nicolas Rauch. A l'époque, on peut encore acquérir facilement et à bas prix ce genre de documents. En 1957, un marchand américain de livres anciens, Laurence C. Witten, découvre les ouvrages de Ferrajoli chez son collègue suisse. Il en achète plusieurs pour 3 500 dollars, dont un mince volume de 28,5 cm sur 21 cm. C'est l'Histoires des Tartares (Historia Tartarorum), transcrite par un frère franciscain, C. de Bridia, d'après le récit que le frère Jean du Plan Carpin (1182-1252) fit à son retour de Mongolie, où il avait été envoyé par le pape Innocent IV comme légat auprès du khan mongol Guyuk en 1246.
L'Histoires des Tartares constitue la plus ancienne description européenne de l'histoire et de la géographie de l'Asie centrale. La carte du Vinland, qui se trouvait reliée dans le volume, fut vraisemblablement dessinée par un cartographe pour illustrer cette copie de l'Histoires des Tartares.
L'Histoires des Tartares est rédigée en latin, dans une écriture cursive gothique que Witten date du XVe siècle. Selon lui, il est exclu que les 1 450 lignes du texte et les légendes de la carte soient un faux. L'authenticité du manuscrit sera confirmée par la suite.
De retour aux Etats-Unis, Witten a l'occasion de voir un autre manuscrit dont l'écriture et le format sont semblables à ceux de l'Histoires des Tartares. C'est un extrait du Miroir de l'histoire (Speculum historiae) de Vincent de Beauvais (1190-1246), une encyclopédie des connaissances et une chronique historique. Witten l'emprunte, le compare avec l'Histoires des Tartares, constate que le style, le format, le papier et le parchemin intercalé dans les cahiers de papier sont identiques. Dans les deux ouvrages, le papier porte un filigrane représentant une tête de taureau. La carte du Vinland, elle, est dessinée sur un parchemin (peau de porc, de mouton ou de chèvre préparée pour l'écriture) plié en son milieu. Witten constate en outre que l'emplacement des quelques minuscules trous de vers dans la carte du Vinland correspond précisément à celui des trous dans les premières pages du Speculum.
De toute évidence, l'Histoires des Tartares de Carpin et le Speculum de Vincent de Beauvais ont, dans le passé, formé un seul et même codex (livre). On devait apprendre plus tard que le Speculum, tout comme l'Histoires des Tartares, avait été mis sur le marché par Ferrajoli.
Peu de temps après, Ferrajoli est arrêté en Espagne et emprisonné. Il est accusé d'avoir volé des livres et des manuscrits à la cathédrale de Saragosse. Il sera libéré au bout de quelques années, mais refusera de révéler à Witten l'origine de l'Histoires des Tartares et de la carte du Vinland qui y était reliée. On sait toutefois que le livre ne figure pas sur la liste, établie par le gouvernement espagnol, des ouvrages dérobés à la cathédrale.
En 1959, un ancien étudiant de Yale, Paul Mellon, achète la carte et le Speculum pour les offrir à son université. En 1964, après avoir étudié les ouvrages, trois experts reconnus, dont le Dr George D. Painter, du British Museum, s'accordent sur l'authenticité de la carte.
L'université Yale décide de la publier dans un ouvrage qui contient un fac-similé de l'Histoires des Tartares ­ assorti d'une traduction commentée. Sa publication allume la controverse : la carte est-elle authentique ? En 1966, lors d'une conférence à la Smithsonian Institution, centre de recherches et musée de Washington, plusieurs spécialistes suggèrent qu'on analyse chimiquement l'encre de la carte. Peu après la conférence, Enzo Ferrajoli meurt d'une crise cardiaque, sans avoir révélé comment il s'était approprié les manuscrits et la carte, ni où.
L'étude chimique est confiée à un laboratoire indépendant de Chicago, dirigé par Walter C. McCrone. Il effectue vingt-neuf prélèvements de microparticules sur les surfaces encrées de la carte. Révélés en 1974, les résultats font l'effet d'une bombe : McCrone a identifié dans l'encre  « jusqu'à 50 % d'anatase, une forme cristalline de dioxyde de titane, rare dans la nature, produit artificiellement pour la première fois en 1917, et qui ne fut pas disponible commercialement en tant que pigment avant 1920 » . Il est donc peu plausible qu'un pigment du XVe siècle contienne une telle quantité d'anatase. Yale admet que la carte pourrait être un faux.
George D. Painter, le seul survivant des trois experts initiaux, n'est nullement convaincu. En 1985, la carte est confiée à l'université Davis, en Californie, où le Crocker Nuclear Laboratory utilise un système d'analyse reposant sur le bombardement d'échantillons par un générateur de protons. La méthode, dite PIXE (Particle Induced X-ray Emission), permet d'identifier et de quantifier chaque élément contenu dans un échantillon grâce à l'analyse des rayons X émis sous le bombardement par les protons. On va ainsi examiner 159 échantillons, non seulement des surfaces encrées mais aussi du papier et du parchemin. Résultat annoncé par Thomas A. Cahill, physicien responsable du projet : le contenu en titane est de 5 000 à 10 000 fois moins élevé que celui qu'avait rapporté McCrone.
Rien ne s'opposait plus à ce que l'ouvrage fût daté de 1440-1450 : le taux de titane de l'encre utilisée pour dessiner la carte était moins important que celui de l'encre d'impression de la Bible de Gutenberg (vers 1455) et d'autres documents de l'époque. Le système PIXE permet également d'identifier d'autre éléments ­ fer, zinc, cuivre, nickel, strontium, cobalt et plomb, et l'on peut constater que leur taux dans la carte du Vinland est tout à fait comparable à celui d'autres manuscrits du Moyen Age.
Quant à la bibliothèque de Yale, elle souligne la difficulté qu'il y aurait eu à falsifier l'Histoires des Tartares, dont le texte est indéniablement écrit sur du papier du XVe siècle, d'une encre composée d'ingrédients couramment utilisés à l'époque. Un faussaire aurait dû disposer de plusieurs feuilles vierges de papier d'époque, posséder une connaissance parfaite de l'écriture, du style, de la langue, sans parler du génie nécessaire à la rédaction d'un texte aussi fascinant et historiquement correct que l'Histoires des Tartares.
En se fondant sur le style, la structure des textes et le graphisme, les bibliothécaires de Yale indiquent même l'origine probable des manuscrits : vraisemblablement la cité de Bâle (Suisse), l'un des rares lieux du monde où aurait pu se retrouver un document associant le récit d'une expédition en Asie, un texte historique du Moyen Age et une carte d'origine nordique.
L'histoire des explorations vikings est aujourd'hui assez bien connue grâce aux sagas nordiques, mélanges d'histoires et de légendes, transmises d'abord oralement de génération en génération, puis assez vite transcrites ; elles permettent, par recoupements, de dater les événements avec une assez bonne précision. Les deux principaux textes relatant la découverte de l'Amérique sont des recueils de légendes le Récit des Groenlandais et la Saga d'Erik le Rouge.
Erik Thorvaldsson Raudi, dit Erik le Rouge, est né vers 940 dans une ferme du sud-ouest de la Norvège. Dès sa jeunesse, il est connu pour son caractère violent. Banni pour meurtre vers l'âge de 32 ans, il met à profit le délai de grâce qui lui est accordé pour armer un knorr et trouver un équipage. Il part  en direction de l'ouest, atteint l'Islande, puis le Groenland (le  «pays vert» , ainsi qu'il le baptise lui-même), où il s'installe vers 982. Il attire d'autres immigrants, qui forment bientôt une colonie de près de 200 fermes. On y exploite des produits de négoce recherchés en Europe : eiders pour le duvet des édredons, faucons blancs pour la chasse, fourrures d'ours polaires. Groenland et Islande deviennent des comptoirs florissants.
Le premier européen né en Amérique
En 985, un Viking islandais, Bjarni Herjolfsson, qui veut rejoindre son père au Groenland, est emporté par la tempête vers une terre située plus à l'ouest, bordée de plages et couverte de forêts. Il ne s'y arrête pas, et fait demi-tour pour aller retrouver son père.
Vers l'an 1000, Bjarni raconte son histoire au fils d'Erik le Rouge, Leif Eriksson, dit l'Heureux, et lui vend son navire. Leif prend la mer avec une trentaine d'hommes et découvre une île qu'il va appeler le Vinland, parce la  «vigne»  y croît en abondance. Il ne s'agit pas de raisin qui ne pousse pas dans ces contrées nordiques ­ mais sans doute de diverses baies qu'on trouve encore à Terre-Neuve. Erik le Rouge meurt vers 1010, peu après le retour de Leif au Groenland. Leif assume la charge de chef de famille. C'est son frère Thorvald qui va repartir pour explorer la côte du Vinland, où il périt dans une escarmouche avec les autochtones, probablement des Indiens Algonquins ou des Esquimaux.
En 1009, un autre Viking, Thorfinn Karlsefni, dit le Vaillant, avait décidé de fonder une colonie au Vinland. A bord de trois navires, il y conduit 250 personnes et des animaux domestiques. Son épouse met au monde un fils, Snorri, le premier enfant européen né en Amérique. Au bout de deux années, harcelés par les Skraelings (ces autochtones qu'ils qualifient de  « scélérats repoussants, aux cheveux sales, aux yeux agrandis et à la face large » ), les Vikings renoncent à leur tentative de colonisation et rentrent chez eux.
Le lieu de cette tentative n'est pas connu avec certitude, pas plus que ceux d'autres régions mentionnées dans les sagas - le Markland, où le bois était abondant (peut-être le Labrador), et le Helleland, décrit comme une terre inhospitalière.
Le seul site archéologique où subsistent des vestiges indubitablement vikings est l'anse aux Meadows, à la pointe la plus septentrionale de Terre-Neuve. On y a retrouvé les fondations de vastes maisons en pierre (parfois longues de 36 m) caractéristiques de l'habitat viking en Islande et au Groenland, des pierres ayant servi à leur construction, une forge, une enclume...
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